| Dans le vague amer mes mots se sont dilués De ma tête vide ils s'en sont allés sans gloire De mon esprit rongé et de mes doigts crispés Souvenirs mutilés qu'écluse la mémoire
Dans ce simulacre aigre de vie en secousse Les rimes devenaient compagne salvatrice Et elles s'écoulaient venant à ma rescousse Effaçant le noir si profond du précipice
Sur mes cils se pendent tous les mots suicidés Et mon âme n'est plus qu'une île en perdition Où n'accostent plus les vers au loin exilés Leur chant rythmait si souvent ma respiration
Ma cervelle poisseuse en triste somnambule S'éparpille et se ride en un désert de sable Et laisse mes neurones jouer les funambules Sur le bout de ma mine écrasée sur la table |